Machaelle Small Wright et le Jardin de Perelandra

Qui est Machaelle Small Wright ?

Machaelle Small Wright est américaine, elle vit en Virginie à une heure de route de Washington, près des Blue Ridge Mountains.

Son enfance a été particulièrement difficile : quasiment abandonnée par ses parents, elle a du faire face très jeune à des enjeux de survie, au sens propre du terme. Au milieu , des années 70, sa vie se stabilise, elle la partage avec un compagnon précieux, Clarence Wright, et tous deux s’installent dans ce joli coin de campagne où se trouve leur maison, et le jardin, pas très loin de Warrenton.
Dans ces années 70, Machaelle a de belles convictions sur la foi, la religion, l’écologie, et tout naturellement, elle souhaite faire un jardin potager. D’abord c’est une aide matérielle non négligeable que de produire soi-même des légumes, ensuite c’est un exercice de style qui donne un sens à ses convictions écologiques et environnementales.

 Elle commence comme tout le monde sur un petit bout de terrain, puis très vite s’intéresse au bio, se documente, rencontre comme par hasard l’expérience de Findhorn en Ecosse et s’ouvre très spontanément à cette dimension toute particulière que sont les Intelligences de la nature, les dévas et les esprits de la nature. Tout est à découvrir pour elle, elle n’a pas la grammaire de ce travail, elle ne sait pas trop comment s’y prendre mais elle sait qu’elle ne peut pas faire autrement. Alors, un jour, elle va dans son jardin, près de la forêt, et elle dit à voix haute son souhait sincère et profond de travailler avec la nature, d’entrer en partenariat avec elle, sans trop savoir si et comment les choses allaient se passer.

Comme si la nature n’avait attendu que cela, Machaelle raconte que ce fut comme une vraie cacophonie en elle, tout se précipitait pour faire entendre la joie et l’envie de répondre à ce désir. Alors son apprentissage a commencé et de là est né vraiment le jardin Perelandra, centre de recherche sur la nature, de là est sorti le concept de co-créativité avec ses « règles », ses enjeux, de là sont issus des essences florales aux définitions pointues parfaitement cadrées avec la notion d’équilibre environnemental et de co-créativité.
Que peut-on, en quelques lignes, retenir de ce champ d’expérience ? Perelandra est un jardin qui a été créé en partenariat intime avec la nature. Le partenariat signifie qu’il y a échange d’informations entre au moins deux parties, qu’il y a communauté d’action et surtout reconnaissance du but, de l’intention, respect des responsabilités respectives, reconnaissance des rôles de l’un et de l’autre, non chevauchement des tâches, confiance entre les intervenants – et j’en oublie certainement. Et si possible dans la joie et l’humour. De ce partenariat est né un lieu en équilibre au sein de lui-même où tous les règnes présents, minéral, végétal, animal et humain, fonctionnent en accord les uns par rapport aux autres. Cette relation entre les règnes est basée sur l’équilibre, la coopération, rien n’est fait pour lutter contre quoi que ce soit, tout est fait pour que la vie engendre la vie, que les processus vitaux de chacun des composants de ce jardin profite aux autres éléments de cet ensemble. C’est aussi une relation d’équilibre avec l’environnement extérieur au lieu lui-même, comme le dit sa créatrice, avec le grand Tout. Quelle ambition !
Co-créativité, cela veut dire « créer avec », c’est donc avant tout reconnaître notre place prépondérante, à nous les humains, dans le processus de création. Etant à l’origine du mouvement évolutif, nous initions le mouvement de création à travers nos envies, désirs, intentions, les buts que nous poursuivons, et la nature, en tant qu’intelligence de l’univers, entend ces intentions et répond à ces intentions dans la mesure de leur précision.

Autrement dit, plus notre intention est claire, précise, forte, constante dans le temps, plus nous sommes déterminés dans cette intention, plus nous reconnaissons notre place dans ce processus, plus la réponse de la nature, de l’univers, est rapide, précise, et surtout cadrée avec l’intention. La réponse de la nature ne va pas au-delà de la dimension de la demande, elle en est l’exact reflet. La nature quant à elle connaît les lois de l’équilibre, elle sait ce qu’est la forme, la relation de l’énergie à la forme, elle sait ce qui peut donner satisfaction à notre demande dans le respect des lois globales de l’équilibre, mais elle n’a pas d’état d’âme concernant la qualité de la demande. La nature ne tranche pas en termes de bien ou de mal, il s’agit là d’un débat humain, elle sait par contre donner une réponse qui soit en équilibre avec la demande et l’intention manifestées par l’initiateur humain. Travailler en co-créativité, c’est définir ce que l’on veut, dans quel but, le proposer à la nature et avoir confiance dans la réponse de la nature, accepter ses propositions et les répercussions dans notre environnement. Á chacun d’entre nous de développer sa conscience des enjeux et des conséquences. Nous nous retrouvons ainsi en prise avec notre responsabilité essentielle de créateur à savoir : que souhaitons-nous voir se manifester ? La nature nous donnera ainsi toutes les informations, voire les outils, pour nous aider à réaliser notre projet, tant sur le plan environnemental qu’énergétique.

La co-créativité peut être vécue et utilisée dans tous les domaines de notre vie. Chacun de nous est en relation intime avec des « jardins » qu’ils soient potager, professionnel, relationnel, jardin de la vie, technique, mécanique, émotionnel, ou autre. Selon la nature, un jardin est fait de toute structure initiée par l’homme, structure faite avec des éléments de la nature (mais qu’est-ce qui peut échapper à une telle composition ?) dont il a la charge en terme de maintien, entretien, durabilité. Cela signifie que vous pouvez avoir un parterre de fleurs, une maison, un ordinateur, une famille, vous avez un corps, tout cela est un « jardin »